Après une brève présentation de mon parcours, je porterai mon attention sur le thème qui a occupé la plus grande partie de mes travaux au cours de ma carrière, la surveillance des contaminants dans les milieux aquatiques par échantillonnage passif. Dans ce cadre, je me suis particulièrement intéressée aux DGT (Diffusive Gradient in Thin Films), un outil développé dans les années 1990 pour les métaux traces. Rapidement adoptés par la communauté scientifique, les DGT se distinguent par trois atouts majeurs :
• Intégration temporelle : ils captent la contamination sur une période prolongée de quelques jours à quelques semaines, contrairement aux échantillons ponctuels.
• Limites de détection abaissées et séparation des matrices chargées : permettant de mesurer des concentrations très faibles, souvent indétectables par d’autres méthodes.
• Biomimétisme : leur conception vise à reproduire les mécanismes d’absorption des organismes, offrant ainsi un accès à la fraction biodisponible des métaux traces.
Après avoir rappelé les principes fondamentaux des DGT, nous aborderons les résultats des études que j’ai pu mener, d’abord dans le bassin de la Seine, puis à l’échelle du territoire et en Méditerranée. Ces travaux ont permis d’évaluer l’impact des conditions in situ sur les mesures :
• Effet du biofouling : comment la colonisation biologique des capteurs influence-t-elle les résultats ?
• Conditions hydrodynamiques : quel est l’impact des courants et de la turbulence sur la précision des mesures ?
• Déploiements long terme : jusqu’où peut-on pousser la durée d’immersion sans altérer la fiabilité des données ?
• Biodisponibilité : dans quelle mesure les DGT atteignent-ils vraiment leur objectif de mesurer la fraction biodisponible des métaux ?
Je tenterai d’apporter quelques éléments de réponse et de réflexion pour mieux cerner les forces et les limites des DGT en conditions réelles.