Le changement climatique modifie profondément le fonctionnement des écosystèmes fluviaux, en modifiant les régimes thermiques, l’hydrologie et la composition des communautés aquatiques. Depuis plusieurs décennies, EDF mène des programmes de recherche en collaboration avec la recherche académique pour mieux comprendre l’incidence de l’augmentation de la température de l’eau sur ces écosystèmes, dans un contexte où s’additionnent réchauffement global et rejets thermiques des centrales nucléaires. Cette intervention proposera une synthèse des principaux résultats obtenus, en s’appuyant notamment sur l’analyse des trajectoires écologiques observées en amont et en aval des centrales au cours des cinquante dernières années, rendue possible grâce aux données acquises dans le cadre de la surveillance réglementaire. Les études menées, qui vont de suivis comportementaux à l’utilisation des rejets thermiques comme « laboratoires in situ » des conditions climatiques futures, en passant par l’écophysiologie thermique ou la modélisation de l’influence de la ripisylve sur la thermie des cours d’eau, convergent vers un même constat : les réponses biologiques observées résultent de l’interaction entre de multiples facteurs environnementaux, dont la température, l’hydrologie, les habitats et la connectivité. Ces résultats renforcent les bases scientifiques nécessaires pour comprendre les réponses des écosystèmes aux pressions anthropiques dans un contexte climatique en rapide évolution. Ils fournissent également des éléments objectifs pour éclairer les réflexions et les décisions lors de situations climatiques exceptionnelles, comme les épisodes caniculaires ou les étiages prolongés, dont la fréquence et l’intensité augmentent sous l’effet du changement climatique.