Historiquement, les sécheresses ont gravement impacté plusieurs secteurs socio-économiques (agriculture, énergie, sylviculture) en France, et le changement climatique devrait aggraver ces événements. Pour construire des évaluations concrètes des risques futurs de sécheresse, nous développons un cadre complet analysant les sécheresses météorologiques, des sols et hydrologiques. Notre analyse utilise l'ensemble récent de simulations hydro-climatiques à haute résolution (1960-2100) produit dans le cadre du projet Explore2. Considérant les sécheresses comme des événements continus spatio-temporellement, trois événements historiques inclus dans la période de référence 1958-2020 servent de références pour quantifier les changements projetés (1976, 1989, 2015). Nous analysons l'évolution des sécheresses en nous concentrant sur trois caractéristiques : la durée, l'étendue spatiale et l’intensité. Nous examinons si ces caractéristiques présentent des tendances significatives pour le scénario RCP8.5, comment évoluent leurs distributions pour différents niveaux de réchauffement global (+1,5 °C, +2 °C, +3 °C), et comment les caractéristiques des sécheresses évoluent selon deux simulations hydro-climatiques contrastés (humidification et assèchement). Tous les types de sécheresse présentent une augmentation significative de l'intensité, les intensités de référence actuelles devenant plus fréquentes même avec un réchauffement de +1,5 °C. À +3 °C de réchauffement, 7 à 9 % des épisodes de sécheresse hydrologique et d'humidité des sols dépassent la durée exceptionnelle de l'événement de 1989. Notons que même la simulation projetant une humidification en France ne montre pas d'atténuation significative des sécheresses, tandis que celle avec l’assèchement le plus marqué génère des conditions sans précédent. Les politiques d'adaptation devront donc prendre en compte l'augmentation de la fréquence des sécheresses de référence historiques, mais aussi des conditions de sécheresse qui les dépassent. Notre analyse souligne également la sensibilité des projections futures de sécheresse à la manière dont les modèles représentent des facteurs clés : l'évolution des concentrations d'aérosols et les réponses physiologiques de la végétation à l'augmentation du CO2.