Influences des pratiques agricoles sur la biodiversité : dégradation des habitats et exposition aux contaminants chez les reptiles squamates

Résumé: 

Les paysages agricoles représentent près de la moitié du territoire européen et influencent à grande échelle les espaces disponibles pour la biodiversité. Ils sont l’habitat et le lieu de passage de nombreux taxons. Les paysages bocagés sont un exemple de paysages agricoles où les champs, prairies et forets forment une mosaïque. Ces paysages préservés sont actuellement menacés par l'intensification de l'utilisation des terres et le développement de la monoculture. Pendant la révolution agricole, les avancées mécaniques et chimiques ont conduit à une homogénéisation des paysages, une destruction des haies toujours d’actualité et à une généralisation de l’utilisation d’intrants. Ces pratiques ont eu comme conséquence la contamination de l’environnement terrestre et aquatique et des effets délétères sur les organismes non-cibles exposés. Dans les paysages d’agriculture intensive, leur utilisation massive constitue une menace majeure pour la biodiversité. Ces contaminants se retrouvent dans les sols, l’eau et l’air où ils rentrent en contact direct avec les animaux. A cette pollution s’ajoute les éléments traces métalliques d’origine industrielle, urbaine mais aussi agricole. De nombreuses études ont été menées sur l’effet des contaminants sur les oiseaux, les mammifères et les insectes, mais les implications pour les reptiles restent relativement inexplorées. 

Les reptiles sont en déclin à l’échelle mondiale, notamment à cause de la dégradation des habitats par l’agriculture et de la pollution. Il est important de les considérer, d’abord pour leur rôle dans les écosystèmes agricoles et les services écosystémiques qu’ils procurent, mais également parce que ce taxon est particulièrement sensible aux perturbations engendrées par les changements de pratiques agricoles. Certaines espèces ont une capacité de dispersion limitée et sont donc particulièrement vulnérables aux modifications des habitats et dépendantes de la connectivité des paysages. Ces organismes sont également très sensibles aux caractéristiques microclimatiques de leur environnement, à la fois thermiques et hydriques. De plus, les reptiles squamates (lézards et serpents) sont particulièrement exposés aux contaminants, principalement par exposition cutanée mais aussi par les proies contaminées qu’ils ingèrent. Plusieurs études démontrent l’effet néfaste de certains polluants sur ces derniers, la pollution environnementale étant même considérée comme l’une des principales causes de leur déclin.

Mon objectif est de mieux comprendre l’impact des activités agricoles sur les reptiles. Dans un premier temps, j’étudie l’impact des changements physiques des paysages sur les reptiles, et en particulier les effets de la qualité des haies. Dans un second temps, je cherche à évaluer l'exposition des serpents aux contaminants en utilisant les mues, une matrice biologique à l’interface entre l’organisme et l’environnement.

Auteur: 
Faustine Degottex Fery
Affiliation: 
Centre d'Etudes Biologiques de Chizé
Salle G. de Marsily couloir 46-56, 3e étage, https://zoom.us/j/92965922527
Vendredi, 13 février, 2026 - 13:00